Publié le 14/01/2021 à 17:00. Auteur : Mahir Huseynov

Découvrez le Karabakh, cheval mythique d’Azerbaïdjan !

Envoyé de Dieu sur terre, fidèle combattant aux côtés des hommes pour la liberté depuis la nuit des temps ou portant sur son dos le grand héros Köroğlu en quête d’aventures, le cheval est plus qu’un équidé en Azerbaïdjan, c’est un véritable symbole et une source de fierté. Cela seul donne la clef de compréhension de l’attachement à cet animal domestiqué depuis des millénaires.

Les chevaux en Azerbaïdjan

Mais les chevaux rythment la vie des habitants de cette région depuis les temps immémoriaux, en effet, des recherches scientifiques ont démontré que la plupart des os trouvés durant des fouilles dans le département de Jalilabad, provenaient de chevaux domestiqués, des Tumulus ont été découvertes avec des tombes de chevaux enterrés avec des selles et des harnais. Cela atteste que le culte du cheval avait une place importante dans les croyances religieuse des hommes de l'ancien Caucase du Sud. L’élevage a toujours été une occupation importante pour les peuples d’Azerbaïdjan, c’est même le socle de l’histoire des peuples de cette région, puisque les Azerbaïdjanais sont un mélange de Turcs nomades sédentarisés et d’Albanais du Caucase et s’il existe une qualité qui donne aux nomades une identité c’est bien la cavalerie.

Race du Karabakh

À la grande période où les chevaux Karabakhs étaient les piliers du mode de vie, de la culture et des traditions des peuples d’Azerbaïdjan plutôt que de ses besoins matériels et économiques, les « chevaux du Petit Caucase », appellation qui englobe les noms des divers types existant dans la région, étaient en réalité tous des branches de la race Karabakh, race qui tire son nom de la région duquel il est endémique, le Karabakh, en azéri : le Jardin Noir. Si les origines de cette race remontent à une époque située entre le Moyen-Âge et le XIXe siècle, période de la genèse de cette race, elle séduit aujourd’hui par sa robe dorée, ses performances hippiques et cumule de nombreuses autres qualités. Cela a failli de plus être le cas, puisque ce cheval, comme tous les habitants de la région du Karabakh, a subi les maltraitances des troubles du Caucase (qui règnent encore aujourd’hui comme en témoigne l’actualité) vers la fin du XIXème siècle, la race s’est affaiblie à cause de l’annexion de la région conquise par la Russie tsariste et la vente massive des chevaux en Russie, en Angleterre et un peu partout dans le monde. À tel point qu’il ne restait plus qu’une poignée de ces chevaux au début du XXème siècle, ils seront la pierre angulaire du développement de cette race sous l’encadrement et la sélection stricte d’une unité centrale d’élevage dans l’Azerbaïdjan soviétique, pour atteindre au début du XXIème siècle une population de 15 000 Karabakhs ! En décembre 2013, à Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan qui accueillait la 8e session du Comité International pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité, le Karabakh devient la première et unique race chevaline reconnue par l'UNESCO comme patrimoine culturel de l’humanité. Ainsi, le tchovgan, ancêtre du polo moderne et pratiqué exclusivement à dos de Karabagh est présenté et reconnu aux yeux du monde. Bien que les origines de ce jeu soient inconnues, une représentation du jeu a été trouvée après des fouilles archéologiques sur un vase près de l’ancienne ville de Beylagan, dans la littérature une mention en est faite dans livre de Dede Korkut qui a reçu à l'occasion de son 1300e anniversaire le prix littéraire de l'UNESCO.

Mahir Huseynov

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